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 abyme sans fond

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Tarànis

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MessageSujet: abyme sans fond   Dim 26 Avr - 3:57

Elle était partie deux jours plus tôt, saisissant la piste qui n'était plus toute fraiche à la sortie de Lune d'Argent, faisant appel à tous ses sens pour la distinguer des autres, après tout, Shalden était passé là souvent et il n'était pas question de partir dans la mauvaise direction.

Elle ne pensait même plus, le monde s'écroulait autour d'elle ... encore, toujours, sans relache. Et elle n'avait plus personne avec qui elle s'estima encore "en sécurité" ou qui serait en mesure de la réconforter, de la soutenir, tous ceux qui répondait à cette description étaient morts désormais. Morts ou déchus.
En fait, il n'était resté que Shalden. Celui qu'elle considérait comme son frère, meilleur ami, à qui elle adorait parler lorsqu'ils étaient seuls loin du monde et à l'air libre. Qui était venu la voir chaque jour lorsqu'elle avait été convalescente, jusqu'à ce qu'il ne donne plus signe de vie.
Et un jour, Thelindra était venue la voir, elle lui avait tendu sa boucle d'oreille, celle qu'elle avait remis à Shalden, un présent, quelque chose qui n'aurait jamais du le quitter ... qui n'aurait jamais du lui revenir à elle. Comme toujours, Thelindra avait étendu son désir de tout détruire, tous ceux qu'elle cotoyait, tous ceux qui étaient trop proches.
Et plus tard, cette même femme dont elle avait juré d'entraver les dessein lui annonçait la mort de ce frère dont elle aurait eu tant besoin à cette heure.
Le nom du monde était Douleur. Celui de son âme était Impuissance.
Reihou, son frère; Anyndel, son maitre; Jüsba, l'homme qu'elle aimait; la trahison de Khardïs et maintenant Shalden ...
Autant de poignards qui la frappaient. C'était trop, plus qu'elle ne pouvait en supporter.
Non ...
Shalden ne pouvait pas mourir, il était fort, obstiné, il n'avait pas pu se faire avoir, c'était impossible. Et l'oppression se transforma en déni.
Non, évidement qu'il n'était pas mort, les mots de Thelindra étaient poison et mensonges, elle redressa la tête et esquissa un sourire sans même s'en rendre compte, un espoir absurde voire fou dansait dans sa tête et elle n'écouterait plus les affirmations de Thelindra ou d'Arthemys Enteri qui se dressait à ses côtés. Même le désespoir de Khalys ne la dissuada pas.

Elle dépassa Fossoyeuse, s'aventura dans les clairières qui la bordait, descendait encore vers le sud-est, arrivant à proximité de Moulin-de-Tarren. Elle n'avait pas dormi depuis deux nuits et Thrascias, son esprit-gardien ayant pris pour cette fois la forme d'un énormé félin à la robe orangée tachetée de noir, la dévisagea. Elle tourna son regard vide vers lui, peinant à garder le contact visuel tant ses paupières étaient lourdes. Il prit délicatement sa main dans sa gueule, veillant à ne pas enfoncer ses crocs dans sa chaire et l'entraina vers un arbre. Elle gémit en faisant la grimace.

-Pas le temps de dormir Thrasc ... on a déjà perdu trop de temps et qui sait où nous mènera la piste ... murmura-t-elle en étouffant un baillement.

Il ne daigna même pas tendre une oreille vers ses protestations et grimpa agilement jusqu'à une branche assez épaisse pour soutenir son poids, s'y coucha et regarda celle qu'il appelait son Sanctuaire. Elle lui rendit son regard, mais n'avait pas la force de se battre avec lui pour continuer et force lui était de constater qu'elle était trop faible.
Elle acquiesça simplement, escalada l'arbre avec l'agilité qui lui restait et s'endormit presque intantanément.

Elle quitta Hautebrande, passa sur les Hautes-terres d'Arathi et vira vers le sud dans la journée qui s'en suivit. La trace ne variait pas heureusement mais un autre problème se posa alors que le crépuscule suivait le coucher du soleil : la route, comme la piste disparaissait dans la mer. Elle jura entre ses dents et se débarassa de ses bottes pour plonger. Il n'y avait qu'une seule solution depuis cette impasse, une crique où s'arrêtaient parfois des contrebandiers, juste assez de place pour arimer un navire. Le ciel s'obscurcissait de plus en plus lorsqu'elle sortit de l'eau au seul endroit où c'était possible, elle resta dans une ombre aussi discrète et silencieuse que Thrascias pour tâcher de retrouver la piste. Il n'y avait que cela qui comptait, l'ôdeur, cette sensation diffuse mais pourtant si familière de Shalden. Elle redressa les oreilles, ses yeux grands ouverts lorsqu'elle perçut son parfum ... proche ... tout autour d'elle ... tellement plus fort qu'auparavant.

Elle tâcha de se glisser à bord du navire, ne se laissant plus guider que pas son ôdorat et celui de son gardien qui demeurait indétectable à ses côtés. Elle se figea lorsqu'elle mit pieds à bord. Ils étaient cinq, cinq à faire le guet et dégainèrent leurs lames recourbées et la voyant. L'obscurité éclairée de torches blafardes perdit toute raison d'être ... un blanc immaculé s'insinua dans son champ de vision comme une eau coule sur un parchemin vierge, elle se sentit dégainer son fusil au ralenti alors que déjà Thrascias bondissait sur un des humains, elle remercierait plus tard les reflexes bien rôdés de son corps, car elle avait été incapable de réfléchir ou d'avoir une pensée réellement coérente de ce qui lui arrivait, tout était devenu blanc ... un beau blanc qui ne demandait qu'à se remplir de rouge ...

Mais elle ne les tua pas, c'est ce que Thrascias lui rapporterait par la suite, un fois qu'ils furent neutralisés et incapable de donner l'alerte, la jeune elfe se glissa à l'intérieur du bâteau, les craquements du bois semblaient amplifiés, le vent qui s'engouffrait dans le moindre passage qui lui était permis, des pas, d'autres pas encore, mais plus autant. Thrascias la planta sur place avec un regard ferme, comment pouvait-il encore avoir l'air si en forme?
Lorsqu'il revint, son esprit se fondit avec celui de son Sanctuaire et elle vit ce qu'il avait vu, deux matelos, devant une grille où était détenu Shalden. Elle se glissa au plus proche, veillant à ne pas faire gémir le bois, focalisée entièrement sur une éventuelle réaction des geoliers dont elle sentait les ôdeurs, pas de peur, ça elle n'en percevait pas, pas de méfiance non plus, ils ne se doutait pas de sa présence. Elle s'adossa contre le mur, juste à côté de la porte et ferma les yeux, les oreilles dressées, elle se concentra sur les pas, détermina exactement où ils étaient car elle n'aurait qu'une seule chance ...

Elle tira une puissant somnifère sur le premier garde qui s'effondra d'un profond sommeil, Thrascias bondit sur le second et lui arracha la gorge de ses crocs pour qu'il ne puisse crier. Et soudain, son univers s'éclaircit, les brumes dans lesquelles elle déambulait depuis ces derniers jours lui laissèrent voir la silhouette de celui qu'elle était venue chercher, derrière la grille, les bras attachés à des fers, les yeux bandés et le corps à moitié-nu couvert de plaies.
Elle tâcha de l'appeler doucement mais avec insistance tout en fouillant dans un sac en cuir épais, celui où elle rangeait ses explosifs. Devant l'absence de réaction, elle se pressa et fit sauter le cadenas en s'efforçant de ne pas trembler ni de se blesser avec l'hydroglycérine.

Elle s'engouffra dans la geole, laissant Thrascias faire le guet à l'extérieur. Elle arracha le bandeau des yeux de Shalden, s'enîvrant de ses traits si longtemps absents, tant attendus, mais le temps n'était pas à ça, pas encore, ils auraient tout le temps après. Elle lui murmurait avec un air légèrement rieur, complètement éveillé désormais, comme un printemps qui émerge après un rude hiver, alors qu'elle cherchait une nouvelle dose d'hydroglycérine pour les entraves qui le liait au mur. Elle ne comprit pas tout de suite qu'il n'avait toujours pas réagit à son nom, au son de sa voix, à sa présence, il avait relevé les yeux vers elle et la regardait avec une animosité totalement étrangère, il tirait sur ses chaines et ainsi jusqu'à ce qu'elle fasse sauter la première. Il se redressa alors et elle l'imita, cherchant à le rassurer de sa présence et de sa voix, nageant dans cette lumière qui lui était revenue.

Elle voulut se tourner vers Thrascias, vérifier que personne ne venait comme elle était occupée, quand brusquement, Shalden lui saisit le poignet avec fermeté, sa voix rauque s'élevant de ses lèvres sêchées.

-Je vais ... te tuer.
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Tarànis

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MessageSujet: Re: abyme sans fond   Dim 26 Avr - 16:23

Ces quelques mots, les premiers qu'il prononçait depuis son arrivée l'immobilisèrent. Le temps se figea et elle se voulut se tourner lentement vers lui, car même si c'était bien sa voix, elle n'en reconnaissait pas l'intonnation, c'était vide, froid, promesse de mort ... Il la tira vers lui avec une force qu'elle ne put entraver même si elle avait eu le temps nécéssaire, il lui saisi la gorge de son autre main encore entravée et serra ... serra sans retenue dans le but clair de lui ôter la vie.
Les pensées se bousculaient dans sa tête, pourquoi ne la reconnaissait-il pas? Pourquoi voulait-il la tuer? Que se passait-il?

-Shaaa ... arr ... parvint-elle à peine à articuler.

Le souffle lui manquait et ses poumons hurlaient grâce. Elle tentait de se dégager de sa main libre, mais elle n'avait jamais eu beaucoup de force, contrairement à lui qui déjà était un homme. Plus d'instinct que de reflexion qui lui faisait défaut, elle frappa de son genou entre ses jambes, avec toute l'énergie du désespoir. Le douleur dut être fulgurante, car il la relacha vivement et elle en profita pour se décaler, gobant l'air qu'elle pouvait capter autour d'elle frénétiquement. Elle releva les yeux vers lui, sentant le sang qui avait gonflé ses joues circuler à nouveau, il n'avait plus rien de l'homme qu'elle connaissait, c'était une bête qui ne demandait qu'à tuer tout ce qu'il était à sa portée et en ce moment, c'était elle.

Elle fit taire les questions qui se multipliaient dans sa tête et dégaina son fusil à nouveau. Il était incapable de se soustraire à son action, une proie facile mais si ... difficile pourtant. Elle l'avait déjà tué une fois, mais lorsqu'à cette époque, ses dagues avaient lacéré son cou, elle avait fait une prière silencieuse pour ne jamais avoir à faire ça à nouveau. Peine perdue. Elle chargea un sommifère, comme pour le matelot et tira. Il s'écroula et elle alla l'assomer proprement, pour être sûre qu'il ne s'éveillerait pas avant un bout de temps.

-Je vais t'sortir de là Shald, je te le jure ... murmura-t-elle tout en faisant sauter la seconde entrave.

Avec l'aide de Thrascias et le coeur lourd, elle quitta le navire avec celui qu'elle était venu chercher, nagea jusqu'à ses bottes et chargea le tout sur son raptor sans dire un mot de plus. Elle lui avait lié les mains et il ne s'éveilla pas le temps qu'elle arrive jusqu'à Moulin-de-Tarren, l'endroit le plus proche et vaguement le plus sûr qu'elle pouvait envisager, Lune d'Argent était encore trop loin.

Elle le traina jusqu'à une "chambre" de l'auberge qui n'était guère mieux qu'une pièce poussièreuse avec des meubles effondrés, la fenêtre aux vitres brisées était barrée de planches de bois. Peu importait, c'était mieux que rien. Elle rassembla ce qu'elle put, fit monter plus de couvertures et installa Shalden sur ce qui restait du lit, l'y attachant avec précaution.
Mais que pouvait-elle faire de plus? Il ne l'avait pas reconnue, pas un seul instant et il n'avait pas hésité à essayer de la tuer. Encore une fois, elle était impuissante et ce gout amère, elle se dégoutait de le connaitre si bien. Elle n'avait pas le choix, elle devait demander de l'aide, mais qui? Khalys risquait de le dire à Thelindra, Capricya ne savait pas plus soigner ce genre de choses qu'elle, il lui fallait un genre de prêtresse, mais ses pensées confuses ne lui permettaient pas de réfléchir, elle se sentait lasse, perdue ... seule ...
Ne restait que Khardïs et elle hésita peu avant d'aller à la fenêtre, de briser une planche et de murmurer en priant une brise passagère de mener ses mots à la démoniste. Le temps qu'une réponse lui revienne, elle fit monter de la nourriture, soigna les plaies de Shalden et se posa au sol, contre Thrascias qui s'y était couché pour attendre, une réponse, un retour de son appel, n'importe quoi ...

"La sauvage? que veux-tu?"

Elle n'était pas vraiment sûre d'avoir entendu, mais la voix de Khardïs souffla dans son oreille alors qu'un courant d'air entrait par le trou dans la fenêtre.

"Je t'entends Khardïs ... j'ai retrouvé Shalden, mais j'ai besoin d'un prêtre ... en urgence ..."

Elle attendit encore le temps que la suite lui parvienne, guêtant à la fenêtre, ne se focalisant que sur cette aide qu'elle pourrait recevoir alors qu'elle détestait par dessus tout en demander.
Elle devrait attendre encore car la démoniste était retenue et entre temps, Shalden reprenait conscience.
Il riva ses yeux sur elle, encore engourdit par la dose de somnifère qu'il avait reçue et elle comprit que son attitude n'avait pas changé. Il étudia rapidement la façon dont son nouveau geolier l'avait attaché et grogna entre ses dents. Elle demeura immobile en l'observant. Où était l'homme qu'elle chérissait? Etait-il encore seulement dans ce corps? Il ne semblait toujours pas comprendre un traitre mot de ce qu'elle disait en essayant de faire appel à sa conscience. Elle vint poser une bonne quantité de nourriture passablement fraiche sur le lit, à sa portée, il était tellement maigre et elle se demandait à quand pouvait bien remonter son dernier repas. Il la considéra avidement pendant que la jeune elfe se rasseyait en l'encourageant à manger; pourtant, il n'en fit rien et se détourna.

Instinct.

Elle soupira et prit une pomme rouge avant de mordre dedans, s'il pensait que tout cela était empoisonné et appelait à la méfiance, elle lui prouverait le contraire. Dès qu'elle eut fini et qu'il eu l'air assuré de sa bonne foi, il attaqua tout ce qui était mangeable à sa portée, engouffrant rapidement jusqu'à la dernière miette aux limites d'en oublier de respirer. Elle sortit ensuite une gourde et en but un peu, c'était tout ce qui lui restait de l'eau que lui avaient donné les druides de la Terre-Mère, une eau qui venait de Reflet-de-Lune, d'une pureté incomparable et dont quelques gorgées à peine étanchaient n'importe quelle soif aussi intense soit-elle. Elle lui tendit ensuite en le fixant, tout en restant hors de sa portée.

-Tu en veux? Si c'est le cas, tu n'as qu'à me le demander.

Il considéra l'eau avidement et elle crut un instant que c'était peine perdue pour cela aussi.

-Donne.

Elle dressa une oreille en entendant à nouveau sa voix. Mais c'était vraiment le strict minimum et il n'était pas certain que ce soit réellement en réponse à sa question. Elle lui mit la gourde en main et il la vida entièrement, sans retenue avant de la laisser choire sur le plancher.

-Laisse moi partir.

Strict minimum à nouveau. Demande simple. Comme l'aurait fait un animal. Elle lui refusa et prit ses genoux dans ses bras tandis qu'il tirait d'autant plus fort sur ses liens pour s'en libérer. Elle sanglotta, Thrascias se resserrant contre elle pour la réchauffer de sa présence mais cela n'y changeait rien.
Tout ce qu'elle pouvait faire était d'attendre Khardïs ...
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Khardis

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MessageSujet: Re: abyme sans fond   Mer 29 Avr - 15:22

La démoniste soupira sitôt qu'elle foula le sol du Moulin des Tarrens. Lyserne avait accepté de la suivre. Elle passa la main dans ses cheveux, et son regard circula alentours. Des Réprouvés évidemment... Et cette ambiance lourde et morbide propre au lieu. Elle fit quelques pas, demanda à la prêtresse de la suivre, et se dirigea vers l'auberge. Elle se doutait que la Sauvage - car c'est ainsi qu'elle l'appelait - devait se trouver là bas. Dans quel état elle allait trouver Shalden en revanche, elle n'en avait pas la moindre idée.

- La Sauvage ? Tu es là ?

- Khardïs !


La voix de la chasseresse provenait de l'étage. La démoniste s'avança jusqu'au bas de l'escalier, avant de faire demi tour pour aller prêter son bras à Lyserne. Elle l'aida à se déplacer dans la salle étrangère, prenant soin de lui éviter les passages trop étroits et encombrés. Elle la guida à travers les marches grinçantes qui menaient aux chambres. L'odeur de moisis la prenait à la gorge, la poussière qui avait envahit les lieux lui piquait les yeux, mais ainsi était l'auberge. Elle trouva Tarànis près de Shalden dans la chambre. Le rôdeur était allongé sur ce qui ressemblait à un lit. Ses poignets étaient ligotés, il semblait agité. Khardïs guida Lyserne jusqu'à lui, lui demandant de l'examiner. Pendant ce temps, Tarànis s'occupait de l'informer des dernières nouvelles. La démoniste l'écoutait, sagement, adossée contre un mur à l'entrée de la chambre. Elle n'arrivait pas à le quitter des yeux. Comment avait-il pu se faire avoir comme ça, lui si agile, si habitué... Elle se demandait de quel genre de stratagème Thelindra avait usé pour le mettre dans cet état. Il s'agita, la faisant sortir de ses pensées. Elle le calma rapidement avec une malédiction de fatigue.

Puis à nouveau cette sensation de tristesse, ce désespoir...cette soif brûlante, obsédante.

- Je sors...je vais fumer...

Dehors, des chevaliers de la mort se battaient en duel. Elle alluma sa pipe, et s'approcha d'une affiche. C'était un avis de recherche. Elle le parcouru rapidement des yeux, puis tira une longue bouffée de fumée qu'elle savoura. Elle en éprouva immédiatement un sentiment de bien être et de soulagement, comme si elle respirait enfin après avoir manqué de se noyer. Elle se retourna pour observer les duellistes avant de remonter quelques minutes plus tard.
La Sauvage l'avait imité en fumant près de la petite lucarne de la chambre. Évidemment son tabac n'avait pas les mêmes vertus que le siens. Lyserne s'occupait toujours du blessé, avec dans son regard vide la concentration d'une liseuse de pensées. Elle leur expliqua alors de quoi il souffrait. Barage mental...Thelindra allait le payer cher. Lorsque l'elfe s'agita à nouveau pour saisir la prêtresse à ses côtés, dans un regain de pulsion meurtrière, ce fut le sauvage qui le calma, l'anesthésiant à bout portant. Et les démonistes étaient réputés sanglants...sa malédiction s'était montré tout aussi efficace et plus douce.

Elle ne se sentait plus utile ici. Elle savait suffisamment de choses, il fallait à présent repartir et poursuivre la traque.
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Tarànis

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MessageSujet: Re: abyme sans fond   Mer 29 Avr - 20:59

-Voulez-vous lui parler? demanda Lyserne avec un sourire doux.

La prêtresse, enfin l'oracle comme elle l'appelait, était venue prendre des nouvelles, l'informer vaguement de ce qui se passait hors des quatre murs de la chambre de l'auberge, apporter une bouffée d'air.
Tarànis n'avait pratiquement pas bougé ces derniers jours, deux ou trois selon son compte, elle y prêtait si peu d'attention finalement ... Quand elle dormait, Thrascias sous sa forme de félin veillait sur les mouvements de Shalden, il y avait toujours de quoi manger près de lui et il ne faisait plus la fine bouche.
Le monde entier avait semblé s'arrêter pour attendre la suite avec elle.
Elle n'avait pas de nouvelles de Khardïs, rien, de personne.
Et Lyserne l'avait prévenue de sa visite, elle avait surpris une conversation entre Arthemys Enteri et Thelindra qui comme d'habitude se faisait passée blanche comme neige aux yeux de celui qui se croyait son "père".
Aveugle Arthemys ...
L'oracle était arrivée et elle avait posé cette étrange question à la chasseresse qui l'avait regardée d'un air perdu.
Elle avait ensuite accepté.
Tout cela la dépassait, elle ne voulait que le voir, lui parler comme autrefois, mais la perspective d'agir sur un terrain qui n'était pas le sien l'intimidait .... non, elle lui faisait peur. Mais il n'était pas question de le montrer ou de reculer.

-Thrascias est esprit avant d'être animal ou gardien, il saura palier ma faiblesse, dit-elle.

Le félin se redressa et Tarà leva la main pour aspirer sa forme en elle.
Lyserne sourit et posa ses doigts sur le front de la chasseresse avant de se concentrer. Elle expliqua à Thrascias ce qu'elle attendait de lui et il s'exécuta, prenant sa forme de serpent-des-vents, mais beaucoup plus imposante et puissante qu'il ne pouvait l'adopter sur le plan tangible; les écailles rouges qui le tapissaient brillaient de mille feux et son avancée à la suite de l'esprit de l'oracle était assurée malgré qu'il tint entre ses anneaux l'esprit fragile de celle qu'il appelait son Sanctuaire.

Ils traversèrent bien des méandres, rapidement ou lentement, c'était impossible à dire. Tout comme le temps que cela prit.
Finalement, ils accèdèrent à la retraite de l'esprit de Shalden.

Il se tenait le plus calmement du monde, sous la même forme que celle qu'il avait dans la réalité et esquissa un sourire lorsqu'il vit Lyserne arriver vers lui.

-C'est un plaisir de vous revoir, ria-t-il.

Elle lui sourit en retour et le salua, laissant la place à Thrascias qui la suivait de près. L'esprit-gardien relacha lentement ses anneaux et posa sur le sol celle qu'il transportait.
Elle se sentait incertaine, elle avait peur, elle était oppressée par cet univers inconnu mais ce n'était pas comme lorsqu'elle mettait les pieds dans un monde qu'elle n'avait encore jamais exploré, c'était ... elle se sentait sans défense, fragile et vulnérable, mais au lieu de se mettre sur la défensive ou de prendre sur elle, toutes ses sensations étaient décuplées. Elle garda une main sur Thrascias, regardant autour d'elle avant de poser les yeux sur l'esprit de Shalden.
Lui dut baisser les yeux, il fronçait un sourcil comme s'il n'était pas sûr de la reconnaitre.
Elle avait l'apparence d'une enfant, sept ou huit ans, ses formes étaient incertaines, confuses comme si elle était incapable de ne pas se diffuser dans l'espace autour d'elle. Elle le fixait de ses grands yeux verts, la bouche entrouverte dévoilaient ses deux petites dents de devant, séparées d'un espace.

-C'est Tarànis, Shalden. Elle est venue vous rendre une petite visite, sourit Lyserne en restant en retrait.

L'esprit-enfant tenta de se précipiter vers Shalden, l'air de séparpiller encore plus sous l'effet de sa détresse. Son gardien l'assista pour qu'elle ne tombe pas et elle se jeta dans les bras du rôdeur.

-Ssaldeeeen! braya-t-elle entre deux trébuchements.

Il l'accueillit avec toute l'affection qu'il était capable de lui porter. L'oppression avait disparu, elle était tellement heureuse de le serrer enfin dans ses bras, même si c'était sous cette forme, ça n'avait pas d'importance. Ce geste, elle l'avait rêvé depuis tant des jours et de nuits maintenant, et sa saveur était comme avant, sauf qu'elle avait la taille pour se perdre en lui, dans le havre de paix et d'appaisement qu'il procurait à son coeur. Il était rieur, heureux de la tenir lui aussi.
Elle lui réitéra sa promesse de le ramener, son excuse de l'avoir frappé, elle s'enîvrait de sa voix.
Thrascias avait rejoint Lyserne et observait de son air insondable les deux complices se retrouver après une si longue séparation.
Mais cela n'était pas la seule raison de leur présence, il fallait avancer, il leur fallait plus d'indices, une piste à suivre. Shalden leur apprit que Thelindra n'avait pu créer le barrage seule, elle avait été aidée et il put communiquer sa description à l'enfant qui se serrait contre lui sans en démordre. Un Chevalier de la mort, une cicatrice barrant un de ses yeux, de longs cheveux bleu noués, un ôdeur que la pisteuse avait déjà senti sur Thelindra ...

Puis vint l'heure des séparations.

Elle ne voulait pas partir, pas quitter la brèche de réconfort, cette seule idée sembla bloquer son coeur dans sa poitrine. Les larmes commencèrent à s'écouler, c'était incontrolable, ça se déchirait en elle, une détresse qui hurlait en elle comme une bête sauvage et enragée. Thrascias enroula un anneau autour de la cheville de son Sanctuaire pour la retenir en se tournant vers Lyserne.
Celle-ci s'avança pour venir la chercher, mais l'enfant était aggripée à Shalden et refusait de le lacher.
L'idée même de repartir et de devoir encore affronter le monde extérieur, seule, d'endosser son armure contre toutes les agressions, de se parer de son masque de force la terrifait. Il n'y avait pas besoin de ça ici ...
Mais ce n'était une solution, Lyserne et Shalden arrivèrent à lui ouvrir les yeux et elle accepta de repartir, se laissant enrouler dans le corps ondulant du serpent-des-vents.

Elle resta longtemps à regarder l'endroit où lui était apparu Shalden, même lorsqu'il eu disparu, elle se laissa porter jusqu'à elle-même par son gardien, enfermant cette faiblesse enfantine qui la rongeait, contre laquelle elle ne pouvait lutter sous cette forme.

La traque allait reprendre, Lyserne veillerait sur Shalden à sa place car retrouver ce Chevalier, il n'y avait qu'elle qui le pouvait ...
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Shalden

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MessageSujet: Re: abyme sans fond   Lun 4 Mai - 16:38

[Pendant ce temps... A Vera Cruz...]


Noir. Tout était noir.

Shalden ne se souvenait plus vraiment ce qu'il s'était passé depuis le moment où il s'était fait avoir par la bande de Thelindra et maintenant qu'il était là. C'était où "Là" d'ailleurs ? Il n'y avait rien... Juste lui au milieu de nul part. Un certain temps passa et vu qu'il n'avait rien à faire à part réfléchir, il fini par comprendre ce qui lui était arrivé. Finalement, après avoir été privé du contrôle de son propre corps, il n'était plus qu'un esprit, enfermé à l'intérieur de lui-même. Charmante perspective.

Il lui était difficile d'estimer depuis combien de temps il était dans cet état. Après tout, il était seul... sans rien autour. Supposant qu'il ne devait pas être mort, il espérait qu'au moins, il ne ferait de mal à personne. L'elfe n'avait aucune idée de ce qu'il pouvait bien se passer à l'"extérieur" et l'inquiétude se méla à l'ennui.

Si il n'était pas qu'un esprit, il aurait pu avoir la peur de sa vie lorsqu'il entendit soudainement une voix, proche de lui. En se retournant, il tomba nez à nez avec une femme qu'il n'avait jamais vu auparavant. Celle ci se présenta comme une prêtresse connaissant Khardïs et Tarànis et souhaitant l'aider. Lyserne -c'était son nom- lui expliqua brièvement la situation et l'elfe essaya de se souvenir d'un maximum de choses à transmettre à ses amies. Après une brève discussion, l'elfette disparue comme elle était apparue, laissant Shalden perplexe mais rassuré. Un sourire idiot éclaira son visage. Il se trouvait bien stupide d'avoir douté une seule seconde que ses amis ne l'aideraient pas.

Le temps passa encore. Combien ? Il n'en avait toujours aucune idée mais il s'en fichait maintenant. La prêtresse refit son apparition et ils purent discuter bien plus longtemps que la première fois. Elle lui parla des événements, et revint le voir à plusieurs reprises, relativement longtemps. Il ne la connaissait pas et pourtant, ça lui faisait plaisir de la voir à chaque fois. D'autant plus qu'il partageait avec elle quelques souvenirs... N'ayant aucune idée du pourquoi du comment, il préféra ne pas en parler, se contentant d'attendre la suite. Elle lui appris comment matérialiser des choses dans son esprit, où tout était possible avec un peu de concentration. Cela l'aiderait à s'occuper en attendant.

Un peu plus tard, Lyserne revint... mais accompagnée cette fois. Il s'agissait d'une petite fille qu'il n'avait jamais vu... pourtant elle lui était vraiment familière. Il ne lui fallu pas longtemps pour reconnaitre Tarànis malgré son apparence juvénile. Elle anticipa son geste en courant -trébuchant serait plus juste- vers lui en tendant les bras. Il se baissa juste pour la rattraper et la serra contre lui comme si ils ne s'étaient pas vu depuis des années. Etrangement, bien qu'ils n'étaient que sous des formes d'esprits, l'elfe n'en avait pas la sensation. Ca semblait tellement vrai... qu'il ressentait même la chaleur de leur étreinte.

Un peu plus et il oubliait ce qu'il faisait là et les problèmes que ça engendrait. Lyserne ne disait rien, se contentant de les laisser un peu seuls, mais les observant toujours néanmoins. Intérieurement, Shalden aurait aimé que le temps s'arrête et que Tarànis reste ici avec lui. Mais il savait également que c'était impossible et qu'il n'avait aucun droit de demander une chose pareille. Occultant inconsciemment les problèmes qui le maintenaient ici, le voleur préféra profiter de l'instant présent sans se préoccuper du reste.

Malheureusement, Lyserne et Tarànis n'étaient pas venues juste pour ça... Il fallait avancer, trouver un moyen de le sortir de là et il mit de côté le bon moment pour leur dire ce qu'il savait. Lorsqu'elles eurent les informations dont elles avaient besoin pour continuer, la prêtresse fit remarquer à la chasseresse qu'il était temps de partir d'ici, ce qu'elle refusa en bloc. Cette réaction n'aida pas du tout Shalden à se séparer de celle qu'il considérait comme sa soeur, et le sentiment d'abandon revint le titiller un peu.

Sur le moment, il ne trouva rien à dire, incapable d'approuver ou de désapprouver le départ de son amie. Tiraillé entre les deux, il se contenta de serrer d'avantage la petite fille dans ses bras. Lyserne vint rompre ce bien être en lui retirant l'enfant des bras, argumentant qu'il était temps de partir et qu'elles ne lui seraient d'aucune utilité ici. Hochant la tête en silence, le rodeur regarda les deux femmes s'éloigner, accompagnées de Thrascias, puis disparaitre, le laisssant à nouveau seul.

Vide. Il se sentait maintenant vide. Finalement cette visite surprise lui avait fait plus de mal que ce qu'il pensait. Les choses avaient changé et il avait du mal à l'accepter. Il ne restait plus qu'à attendre... attendre le moment où il récupérerait son corps pour de bon.
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Tarànis

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MessageSujet: Re: abyme sans fond   Lun 18 Mai - 18:39

Tout était allé très vite après cela.
L'homme, le mort-qui-marche qu'elle cherchait, ne se cachait pas, et elle le trouva avec une facilité déconcertante dans l'extrème sud des royaumes de l'est. Elle avait repris la piste depuis l'endroit d'où elle avait ramené Shalden, quelques renseignements sous-tirés parfois par la force (c'est fou ce que les gens pouvaient être contrariants parfois) et elle accostait à Baie-du-butin à moins d'une heure de piste de celui qu'elle cherchait.
Il déambulait avec la Voile Sanglante, elle se rappelait les avoir bien titillés lorsqu'elle s'était arrêtée chez les gobelins, il y avait bien une petite année de cela. Et les pirates avaient réputation d'être rancuniers. Elle n'avait pas grande envie de voir si cette rumeur était vraie, aussi se fondit-elle dans la végétation en bordure du campement et se mit en chasse. Rien ne valait un appat pour piéger une proie, aussi attira-t-elle un des flibustiers assez loin des autres pour lui trancher la gorge proprement et sans un bruit. Elle ne remarquait plus l'absence totale de remords qu'elle avait lorsqu'elle faisait une telle chose ... Ce genre de pensées remontait parfois lorsqu'elle était seule et qu'elle avait le temps de ruminer ses actions ... Parfois seulement ...
Elle attendit peu. Le mort-qui-marche, Tarendis, arriva pour voir où restait le pirate, le découvrant assassiné sur le bord du chemin. Il n'avait pas l'air de trouver cela particulièrement grave ou alarmant. En fait, pas une seule once de sentiment ne passa sur son visage. La pisteuse ne s'y ferait jamais. Cette impassibilité, insensibilité qu'avaient les gens de cette espèce. Les morts. Mais elle n'était pas là pour s'en attrister ou s'en interroger, elle se redressa sans bruit et ajusta son arme, tirant une balle, une seule, aux pieds de Tarendis qui se redressa sereinement. Trop sereinement. Elle serra les dents. Elle avait du mal à conserver son propre calme, mais tâchait de rester de glace, débalant devant sa proie la raison de sa présence, son alliance avec la Thelindra, la nuisance qu'il avait contribué à apporter à Shalden.
Aucune réaction.
Il en avait un vague souvenir, rien de passionnant à ses yeux.
Et il était prêt à annuler le pouvoir qu'il avait offert à Thelindra afin que Shalden soit libéré, mais cela ne serait pas gratuit.
Elle s'y attendait évidement, rien n'était gratuit en ce bas monde et malgré que Jakkal lui avait dit avant son départ qu'elle pourrait sérieusement rivaliser avec un Chevalier-de-la-mort, elle n'avait pas envie d'en arriver là. Enfin, sérieusement ... Elle s'était battue avec Jakkal pour évaluer ses chances et avait remporté le duel haut la main. Beaucoup trop facilement, aussi avait-elle jugé le test nul, et aujourd'hui, elle ne voulait pas se risquer à cela. Ou plutôt, l'homme qui s'approchait maintenant d'elle lui ôtait toute envie de se battre.

-Qu'es-tu prête à offrir contre mon service? lui demanda-t-il en s'arrêtant à deux pas d'elle.
-Je pourrais énumérer une foule de choses d'ici demain que je ne saurais jamais vraiment ce qui t'interesse, dis-moi ce que tu attends de moi plutôt, lui répondit-elle.

Il était calme, elle contenait le feu qui bouillait en elle sous une facade de glace. La réponse sembla l'amuser et il lui donna la seule possibilité qu'elle redoutait plus que tout au monde.

-Tu auras une dette envers moi, et je viendrai te la réclamer quand bon me semblera.

La pire demande. La dette. Les mots résonnèrent comme le bruit d'une porte de prison qui se referme sur elle. Mais pour sauver Shalden, elle n'hésita pas et accepta.
Ils se quittèrent sans plus de formalité, Tarendis viendrait à Lune d'Argent aussi rapidement que ses affaires le lui permettraient et la pisteuse l'y attendrait.

C'est avec le poids trop lourd de ce marché qu'elle repassa par Moulin-de-Tarren pour retrouver Lyserne et Shalden. Par le biais de l'oracle, elle put à nouveau converser avec celui pour qui elle venait de sacrifier une partie de sa liberté, et l'entendre ainsi l'assurait qu'elle avait fait le bon choix. Elle se sentait plus forte à chaque contact. Ce n'était plus qu'une question de temps.
Ne restait maintenant qu'à remonter vers la capitale Sindorei et voir où en était Khardïs avec Thelindra.
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Tarànis

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MessageSujet: Re: abyme sans fond   Sam 4 Juil - 13:47

Elle se rappelait le visage de Thelindra.
Celui de Khardïs aussi. La démoniste l'avait menée dans cette retraite au coeur des Terre-Fantômes, rongées par la corruption, la mort et la décrèpitude. Chez elle. Elle n'était pas venue depuis longtemps à proximité du lopin de terre qui avait été à sa famille mais ne s'accorda pas un regard nostalgique lorsqu'elle les aperçut au loin. Elle talonna son raptor pour ne pas être semée et mit à mal en elle la vague de mélancholie qui menaçait déjà les rives da sa conscience, de la raison qui la menait ici cette fois-ci.

Khardïs avait enfermé sa proie dans un bâtiment isolé qui n'était plus que ruine lugubres, ancien siègle d'une famille noble, il n'y avait pas tellement longtemps, probabement une vie ou deux, et comme la première vague, elle chassa l'idée de ce qu'avait été cet endroit durant son enfance.

Elle se rappelait l'entêtement de Thelindra.
Elle n'avait en rien changé d'avis quant au sort de Shalden, et n'avait cure de son propre sort, cela l'amusait presque et la tension malsaine de la démoniste flanquée de son gangregarde grimpait à une vitesse étourdissante. La captive y prenait un malin plaisir et la pisteuse se rappelait lui avoir tiré dans les genoux à deux reprises pour calmer son ardeur. Mais elles n'avaient aucun moyen de pression. Pas même la menace de mort. Khardïs joignait ses sorts aux balles, de plus en plus douloureux, de plus en plus difficiles à demeurer non-létaux. Mais les deux femmes ne savaient ce qui arriverait à Shalden si elles tuaient celle qui l'avait enfermé. La mort? L'emprisonnement de son esprit à jamais? Elle ne pouvaient courir ce risque ...

La pisteuse accepta finalement l'idée de la démoniste, enfermer l'âme de leur prisonnière, lui épargant la mort, mais la réduisant à une geole sans espoir.
Et ainsi fut fait.
Elles brulèrent le corps restant de la jeune Thelindra sous le rire dément de Khardïs et les prières libératrices de sa complice. L'âme serait transposée dans le corps d'une poupée de chiffons et irait rejoindre une collection déjà importante, les cendres et restes du corps consumé seraient immergés au large de la côte et l'affaire Nalya fut ainsi classée. Les deux coupables se quittèrent discrètement contre parole de garder ce lourd secret.

Tout aurait du s'arrêter là la concernant, si Tarendis ne s'en était pas mêlé et la pisteuse apprendrait bientôt à quel cercle vicieux elle venait de s'attaquer. Ce qu'il voulait en échange de la libération de Shalden n'était ni plus ni moins que Nalya, en vie et entre ses mains. Et sa décision était sans appel. Elle dut donc promettre.

Et c'est pour cela qu'elle avait depêché ces deux Réprouvés qu'elle ne connaissait pas et cela vallait mieux, des ombres fugaces et sans aucun attachement à ceux qu'elle aimait. Deux rigolos qui n'avait que l'or en tête, et de l'or, elle en avait. Voilée de la tête aux pieds, sans arme, cachant son identité de son mieux et munie d'une bourse suffisament importante, elle leur expliqua la mission et cèda à leurs caprices avec autant de patience qu'elle pouvait ... Il lui fallait la poupée d'âme de Khardïs contenant Nalya, mais n'ayant aucune envie de négocier cela avec la démoniste, elle avait eu recourt à cette bassesse en essayant de ne pas trop y penser.
Les deux frères Réprouvés, qui commençaient passablement à lui sortir pas les yeux, s'étaient exécutés après avoir négocié bien au-delà des limites de l'entendement, les trois jours dont ils disposaient ensuite, ramené non pas une, mais une série de petites poupées de chiffons correspondant à la description trop maigre de leur envoyeuse. Toutes avec une tignasse rouge de vrais cheveux que Khardïs prélevait à même les cadavres. Quelle folie ...

Mais elle n'était pas pisteuse pour rien et su trouver celle qu'elle cherchait dans le tas, prenant les autres par acquis de conscience avant de prendre congé des Réprouvés, une fois leur or empoché.

Ne lui restait qu'à savoir si elle allait provoquer le courroux d'Arthemys Enteri sachant que Nalya lui révèlerait tout une fois en vie, mais rembourser sa dette; ou détruire définitivement cette âme quitte à mentir à Tarendis en lui disant qu'il était bien trop tard ...
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